Au bout du cours Gambetta, dans le septième arrondissement lyonnais, le Musée Africain continue son petit bonhomme de chemin… entamé en 1861 !
Un musée qui frôle les cent cinquante ans d’existence, ça ne court pas les rues. Celui du 150 cours Gambetta à Lyon fait partie de cette catégorie. « Le Musée Africain est né à l’initiative de la Société des Missions Africaines, rappelle son directeur, Michel Bonemaison. Elle envoyait des missionnaires en Afrique dans les années 1860 et les directives étaient notamment de ramener des objets usuels de la vie quotidienne pour faire connaître, aimer et respecter la culture africaine. »
Près d’un siècle et demi plus tard, on peut dire que le message est bel et bien passé. Au fil des trois étages de l’établissement privé, on trouve 2160 objets. « 750 m2 de vitrines pour l’exposition permanente, reprend le directeur passionné. Mais aussi une salle de 80 m2 pour les expositions temporaires. » Car le Musée Africain refuse d’être figé dans le passé. Pour preuve, l’exposition actuelle de Bomavé Konaté. Ce sculpteur burkinabé propose jusqu’au 30 juillet ses œuvres ainsi que des masques traditionnels récupérés par un membre de sa famille. « Ces expositions temporaires sont importantes pour nous. D’ailleurs, on croule sous les demandes. Nous sommes complets jusqu’en 2010 ! Il faut cependant que ces expositions aient un lien avec les collections du musée. »
UNE RÉPUTATION QUI N’EST PLUS À FAIRE
De Sainte-Foy-les-Lyon (au XIXe siècle) jusqu’au cours Gambetta à partir des années 1920, le Musée Africain continue donc son petit bonhomme de chemin à travers les siècles (et oui, déjà trois...). Avec une réputation qui n’est plus à faire dans le monde des musées consacrés à l’Afrique (« les personnes qui passent par ici n’ont pas de mal à trouver un autre travail par la suite », affirme Michel Bonemaison), mais aussi auprès des publics. Adultes comme scolaires, particulièrement friands de cette découverte d’un autre univers.
AU FIL DU MUSÉE
Le Musée Africain de Lyon présente 750 m2 d’exposition permanente divisés en trois parties : la vie quotidienne, les relations sociales et l’aspect religieux des sociétés africaines. Une visite très instructive.
La vie quotidienne
Première partie de l’exposition, cet étage permet d’entrer de plain-pied dans le monde africain. On découvre ainsi les instruments permettant de se nourrir : armes pour la chasse, outils pour la pêche, matériel agricole. Mais aussi des portes et des volets traditionnels - souvent ornés de représentations d’ancêtres - et du mobilier d’intérieur.
La vie sociale
Les premières vitrines du deuxième étage d’exposition sont consacrées au matériel de pesage de l’or, minerai qui a longtemps poussé les Européens à se rendre en Afrique. Géométriques en général, les poids pouvaient aussi être figuratifs et ainsi signifier l’accord ou non du vendeur. Les chefs de village sont également évoqués avec leurs trônes, sceptres et autres attributs. Les instruments de musique, mais aussi quelques statuettes africaines représentant des Européens (souvent armés...), complètent le tableau.
La vie religieuse
L’exposition permanente du Musée Africain se termine par l’aspect religieux des civilisations africaines. Avec essentiellement à cet étage, les nombreux masques de la culture du continent. Les apaisants, les effrayants, les colorés, chacun a une signification bien particulière et se porte au gré d’événements rythmant la vie du village.
Du mercredi au dimanche de 14h à 18h, Musée Africain, 150, cours Gambetta, Lyon 7. Tarif : 6/1,5 euros. Tél.04.78.61.60.98.www.musee-africain-lyon.org

