film américain d'Oliver Stone avec Nicolas Cage, Maria Bello, Michael Penna, Anthony Piccininni, Maggie Gyllenhaall. Durée 2h10
Ce jour-là, il faisait beau. Will Jimeno et John McLoughlin prennent le chemin du boulot. Ils travaillent dans la Police de New-York. Ce jour-là, deux avions percutent les tours du World Trade Center glaçant le sang du monde entier. Ce jour-là de nombreux américains mourront. Oliver Stone, dont le cinéma s'est ingénié à gratouiller la mémoire américaine des cinquante dernières années s'attaque donc à son tour (après le Vol 93 de Paul Greengrass) au 11 septembre. Passé les inévitables scènes d'exposition et l'attentat, Stone suit les deux personnages enfermés dans un tombeau de poussière et de béton. On sent le cinéaste circonspect, soucieux probablement de ne pas abîmer la mémoire américaine. En faisant le choix d'une approche formelle dépouillée, World Trade Center est une réussite, évacuant le spectaculaire et le tape-à-l'oeil au profit d'une certaine retenue visuelle.
Pour autant, Stone patauge un peu. Lentement le film s'embourbe. En prétendant se focaliser sur le destin des deux personnages, le film sombre dans un sentimentalisme de bon aloi glorifiant à qui mieux-mieux le courage de ces hommes, comme pour rassurer une Amérique en pleine perte de repères. Incapable de trouver l'équilibre entre l'hommage vibrant et un nécessaire recul, le récit s'enlise en essayant de faire émerger des décombres des tours une image renouvelée de l'héroïsme américain. C'est d'autant plus d'hommage qu'il y avait matière à beaucoup plus. Peut-être l'évènement est-il encore trop frais, peut-être Oliver Stone a-t-il perdu la main...
De l'attentat aveugle et brutal jusqu'au sauvetage des deux héros d'une Amérique qui panse encore ses plaies, Oliver Stone signe plutôt sobrement un film maladroit et engoncé dans un héroïsme déplacé.

