film italien, espagnol, français de Paolo Virzi avec Elio Germano, Monica Belluccci, Daniel Auteuil. Durée 1h40
Martino Papucci, érudit insulaire, écrit beaucoup et rêve toutes les nuits qu'il tue Napoléon le tyran européen. Nous sommes en 1814 et l'empereur déchu est exilé sur l'île d'Elbe, où vivent Martino et sa famille. Résolu à tuer le général corse, Martino le libertaire est embauché pour recueillir les mémoires de l'exilé. Coincé entre sa soeur, son amante (une baronne de quarante ans résolue à partir pour Naples) et l'homme qu'il découvre derrière l'empereur, Martino hésite...
Adapté du roman d'Ernesto Ferrero ('N'), le film joue à mêler petite et grande histoires dans un récit plutôt enlevé dans le sillage d'Elio Germano. Sans s'embarrasser d'un trop grand souci d'exactitude historique, Paolo Virzi confronte personnages et caractères avec rythme et couleur. En empereur mégalomane et un brin pépère, Daniel Auteuil (qui joue pour l'occasion en italien) s'en sort plutôt bien, insufflant une bonhomie roublarde à son personnage sans se reposer sur l'imagerie populaire. En intellectuel révolté coincé par le charme de son ennemi, Elio Germano évite lui aussi les clichés du genre, tirant le film (avec la complicité de Paolo Virzi) vers une comédie énergique à l'italienne autant que vers une confrontation humaine toutes deux plutôt réussies. Sans refuser aucun des chemins vers lesquels l'emmène le scénario, Virzi joue autant de l'humour que du drame jamais lointain qui plane. C'est la principale qualité de ce film qui mêle costumes et personnages sans sombrer dans un académisme étouffant. Pas forcément une révolution, mais une comédie historique agréable et sans prétention.
Une comédie historique qui ne sent pas la naphtaline mené tambour battant par le duo Germano-Auteuil. Un film sans prétention mais plaisant.

