Eté 1969. En visite au motel familial, Elliot s’aperçoit que ses parents sont au bord de la banqueroute. Dilapider ses propres économies pour aider sa famille ne suffit plus. Lorsqu'il apprend que la ville voisine a refusé qu'un festival musical donne des concerts dans son enceinte, il flaire le bon plan et décide d’accueillir l’évènement pour sauver les meubles. Mais il est bien loin d'en imaginer l'envergure. Le lendemain, une foule de jeunes afflue aux portes du village pour être de la fête. Mais cette notoriété soudaine ne plaît pas à tout le monde...
Woodstock, ses foules en délire, Jimmy Hendrix, son esprit psychédélique et libertaire... Ang Lee revisite l'objet de tous les fantasmes avec une sortie qui suit de quelques semaines le quarantième anniversaire du festival mythique. Le réalisateur taïwanais (Tigre et Dragon, Le secret de Brokeback Mountain) fait une nouvelle fois preuve d'éclectisme dans sa filmographie en s'attachant à la destinée d'un jeune homme timide et réservé qui refoule ses sentiments amoureux pour ne pas aller à l'encontre de la morale bien pensante d'une bourgade rétrograde. Elliot va vivre trois jours d'expériences nouvelles et de rencontres hallucinantes qui vont bouleverser sa vie, alors que la guerre du Viêtnam commence à être remise en question. Sous le kaléidoscope se cache l’acceptation de l’autre. Certainement pas un film engagé mais une balade colorée et bien contée. Le spectateur, lui, en prend plein les mirettes dans un maelström de sensations visuelles et musicales.
Comment, pour sauver l'affaire de ses parents, un jeune garçon déride l'Amérique en accueillant un festival hippie. Un poil historique, le film délivre surtout une vague de sensations kaléidoscopiques euphorisantes, qui guettent le spectateur jusque dans son fauteuil.

